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Rencontre avec Cécile Fillon en charge de la politique écoresponsable du Groupe Exsel à La Réunion

Cécile Fillon en charge de la politique écoresponsable du Groupe Exsel à La Réunion
Rencontre avec Cécile Fillon en charge de la politique écoresponsable du Groupe Exsel à La Réunion 974
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Cécile Fillon en charge de la politique écoresponsable du Groupe Exsel à La Réunion
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18 mai 2022

 

À l’Office du Tourisme de l’Ouest, il nous tient à cœur de mettre en lumière les acteurs locaux qui s’inscrivent dans une démarche de tourisme durable. 

 

À l’image du groupe Exsel Authentic hotels (Hôtel Alamanda, hermitage Boutik Hôtel, restaurant la marmite ...), qui depuis plusieurs années a choisi d’adopter une démarche écoresponsable.

 

Pour en savoir plus les engagements et actions du groupe, nous avons rencontré Cécile Fillon, la responsable RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) : une personne à la fois engagée pour la planète, mais aussi pour le bien être de ses équipes. 

 

Un échange très intéressant qui permet de voir comment l’hôtellerie péi met le développement durable au cœur de ses préoccupations. 

 

 

Bonjour Cécile, pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?

 

Je suis Cécile Fillon, j’ai été embauchée il y a deux ans par Exsel pour mettre en place toute la politique RSE au sein du groupe. J’ai pris mes fonctions 18 jours avant le début de la crise COVID !

 

 

Quel a été votre parcours avant cela ?

 

J’ai toujours travaillé dans le tourisme, j’ai été salariée dans des hôtels et résidences de vacances, puis au fil du temps, j’ai développé une appétence pour la question du tourisme durable. J’ai créé ma propre société en 2010 qui proposait de l’éducation à l’environnement et du tourisme durable sur un territoire de métropole du côté de Bordeaux. 

 

Pendant une petite quinzaine d’années, j’ai accompagné beaucoup d’acteurs touristiques sur la sensibilisation, et la démarche écoresponsable. 

 

Puis, au fil du temps, je me suis plus particulièrement spécialisée dans l’accompagnement des structures de l’hôtellerie et l’hébergement touristique au sens large, mais plutôt axé sur le tourisme social et solidaire. Je faisais des pré-audits sur de l’éco-Labellisation. 

 

 

Comment êtes-vous arrivée au sein du groupe Exsel ?

 

J’ai rencontré Monsieur Yann Le Febvre, notre président-directeur général au hasard de contacts communs en 2020 et en lui racontant mon parcours, il m’a proposé le poste de responsable RSE pour son groupe.

 

Monsieur Le Febvre souhaite vraiment s’inscrire dans une démarche de tourisme durable, il a une réelle appétence pour ces sujets. Il m’a confié cette tâche pour instaurer les choses de façon encore plus concrète et aller au-delà de ce qui avait été mis en place et que ça puisse s’établir durablement.

 

Le travail avait déjà été initié depuis un certain nombre d’années, puisqu’en 2016 il a voulu que les hôtels du groupe soient labellisés sur le label environnemental Clef verte

 

 

Vous êtes responsable RSE et achats durables, en quoi consiste votre mission plus exactement ?

 

Les grandes missions sont, premièrement, de viser l’efficacité énergétique. Quand on parle d’efficacité énergétique, on englobe également la gestion de l’eau, la gestion du fuel s’il y en a, la gestion du gaz…

 

Ensuite, j’interviens sur tout ce qui est alimentation durable, sensibilisation des publics, formation des équipes, modification des process… 

Par exemple pour ce qui concerne le nettoyage : quel type de produits on achète ? Comment on les utilise ? Qu’est-ce que ça modifie dans le travail des équipes ? 

 

Aussi, un responsable des RSE doit faire une veille réglementaire pour anticiper la mise en conformité des établissements avec la loi qui va de plus en plus vers la transition environnementale. Bientôt, on va avoir une réglementation sur le suivi des consommations en électricité avec du reporting à faire sur une plateforme nationale.

 

Responsable RSE c’est la base de mon métier, et achats durables, ça s’est fait un peu naturellement, car quand il est question de responsabilité sociétale des entreprises, la partie achats est assez importante. Elle établit toute la relation avec le fournisseur, mais aussi la façon dont on va proposer la nourriture, les équipements, comment on va maîtriser nos consommations… 

 

Un lien très fort s’est construit avec l’économe général du groupe autour de la question : comment acheter durablement en favorisant les circuits courts ? 

 

 

Quelles sont les grandes lignes de la politique RSE du groupe Exsel ?

 

L’objectif premier c’est de mettre tous les hôtels à peu près au même niveau, tant dans la formation et l’information, mais aussi la compréhension du « pourquoi ». 

 

Après, c’est de progresser sur un certain nombre de sujets qui étaient restés un peu latents. Prochainement, par exemple, on va supprimer toutes les bouteilles en plastique de tous nos hôtels. 

 

Et puis la volonté, c’est qu’effectivement, dès qu’il y a possibilité d’amener d’autres hôtels du groupe à être labellisés, de le faire, ce qui a été le cas, sur notre restaurant La Marmite, à l’Hermitage est devenu le premier restaurant labellisé Clé verte de l’île de La Réunion.

 

Ensuite, on est beaucoup sur de la rénovation, d’entretien de nos nombreux hôtels. Et là, le grand enjeu, c’est de pouvoir profiter de ces rénovations pour intégrer un maximum de dispositifs qui permettent de faire des économies d’énergie, pour rendre les bâtiments plus confortables pour nos clients. 

 

 

Selon vous, quelle est la clé pour mettre en place une bonne politique RSE ?

 

À mes yeux, une politique RSE, quelle qu’elle soit, ne peut partir que de la base : les équipes. Parce que si on n’a pas une adhésion totale du côté des équipes, finalement, c’est trop compliqué à mettre en place et ça ne tient pas dans le temps, et on perd toute notion de durabilité.

 

Il y a vraiment un gros travail relationnel, de compréhension vis-à-vis des employés. Mon souhait c’est d’être plus proche d’eux pour que le message que je souhaite faire passer soit bien compris et soit adapté aussi aux contraintes qu’ils peuvent avoir dans leur métier.

 

C’est pour ça que la RSE m’intéresse beaucoup, il y a l’aspect environnemental, ça, c’est une évidence, mais aussi, toute la partie sociale qui me plait, et ce lien social est très, très important. 

 

J’ai été présidente de l’Union nationale des associations du tourisme social et solidaire sur la Nouvelle-Aquitaine, où je défendais le tourisme de l’économie sociale et solidaire : un sujet important qui me tient à cœur. 

 

 

J’imagine que votre expérience dans le tourisme est une force pour collaborer avec l’ensemble des équipes du groupe et instaurer cette relation de confiance.

 

Mettre en place une politique RSE quand on connaît très bien le secteur, les problématiques et les enjeux, effectivement je pense que ça représente un atout considérable, je suis beaucoup plus à l’aise pour aborder certains sujets. 

 

Le lien avec l’ensemble des salariés des équipes se fait plus facilement parce que je connais bien leur métier pour avoir moi-même servi en salle, travaillé à l’accueil des centres de vacances…

 

Et puis j’ai toute une expérience pédagogique, parce que j’ai aussi exercé dans le milieu scolaire, j’ai accompagné des lycéens sur des questions comme le gaspillage alimentaire, le traitement des déchets… 

 

Du coup, toute la pédagogie que j’ai pu amener pour des publics plus jeunes m’a permis également de développer une forme d’aisance et d’approche de mon métier qui me permet de mieux dialoguer. Quand je fais des formations avec les équipes, je peux adapter le discours aussi en fonction des personnes.

 

 

Comment faites-vous passer le message de vos engagements à vos clients et futurs clients ?

 

Chez Exsel, chaque hôtel a son identité, sa typologie de clients, la clientèle locale est très importante pour nous, c’est vraiment un groupe qui est destiné à accueillir les Réunionnais : « l’hôtel péi » en quelque sorte. 

 

Quand on travaille sur un projet écoresponsable, on souhaite que son hôtel soit réellement intégré dans un territoire. 

 

On commence tout juste à mettre des informations sur notre site internet, il faut trouver la bonne dose, le bon ton, ne pas être culpabilisant vis-à-vis des touristes pour ne pas qu’ils aient l’impression qu’on va leur faire la leçon quand ils vont arriver. 

 

Pour les responsabiliser sur de petits gestes simples quand ils sont dans notre établissement, on a mis en place de jolis panneaux un petit peu partout dans les hôtels et des stickers sur écogestes dans les chambres.

 

Ensuite, il faut communiquer sur des choses qui sont réelles, dont les clients vont pouvoir se rendre compte quand ils vont arriver, pour ne pas que ça passe pour du greenwashing. 

 

Notre volonté, ce n’est pas d’être dans la démonstration à tout prix de notre écoresponsabilité et de notre “green attitude”. On est conscient qu’on a encore du chemin à faire, et on sait le reconnaître. Ce n’est pas juste une image qu’on veut donner, c’est vraiment un engagement. Et c’est ce qui m’a plu et qui m’a fait adhérer au projet de M. Le Febvre. 

 

 

Quelles sont les différentes actions menées par le groupe Exsel dans le cadre de cette politique écoresponsable ? 

 

Il y en a eu beaucoup, mais pour en citer quelques-unes dans les premières actions, ça a été de :

  • Former l’ensemble des équipes à : qu’est-ce qu’une politique RSE ? Qu’est ce que c’est qu’un label ? Pourquoi ? Les enjeux…

 

  • Sensibiliser les publics avec la partie affichage de nos projets, nos engagements, les écogestes, pour essayer de favoriser une prise de conscience de la part de nos clients. 

 

  • Changer les produits ménagers pour passer sur des produits écolabel avec des systèmes de dilution en centrale. Ça a permis de remplacer l’ensemble de produits ménagers qu’avaient les femmes de ménage sur leur chariot par trois produits qui font tout.

C’est un processus qui se met en place très lentement. Il faut former les équipes, pour leur réapprendre à utiliser des produits qu’elles n’ont pas l’habitude d’employer. Et il faut supprimer des produits qu’elles adorent.

Ça nous permet en même temps de voir qu’il y a souvent des problèmes d’ergonomie dans le travail. On essaie aussi d’être attentif à ça et d’équiper plus convenablement nos collègues, parce que la qualité de vie au travail fait partie intégrante de la RSE. 

 

  • Travailler sur tout ce qui est isolation des toitures et apports en énergie solaire. On a entamé de façon progressive le renouvellement des climatisations parce que c’est assez coûteux comme changement. 

 

  • Ensuite, il y a eu tout le volet achat avec l’écriture d’ une charte d’engagement entre nos fournisseurs, et nous-mêmes. La renégociation des contrats avec certains partenaires. Par exemple, sur le traitement de notre linge, on travaille avec des sociétés externes, on a souhaité que ces entreprises puissent traiter le linge de manière responsable et pas forcément avec des produits qui peuvent être impactant pour l’environnement et pour l’homme. 

 

  • Comme je le disais, par rapport à mon parcours, je suis très attentive à tout ce qui est éducatif. Donc j’ai proposé que l’on fasse agréer Éducation nationale et Jeunesse sports, l’hôtel Alamanda. 

Nous accueillons, dans des programmes spécifiques de classes de découverte, des jeunes scolaires du cycle du CE1 jusqu’au lycée. On a créé tout un programme d’actions de partenariat avec des associations, des structures locales de proximité pour monter des programmes pédagogiques  “clés en mains”, pour les enseignants qui aimeraient travailler sur plusieurs aspects. 

On a quatre grandes thématiques qui sont : le milieu marin, la faune et la flore, le développement durable, le sport et la nature. On a eu déjà des classes qui sont venues et qui ont été ravies.

 

 

D’ailleurs, vous avez communiqué sur une belle action solidaire lors du changement de literie à l’Alamanda.

En effet, les anciens matelas et sommiers ont été donnés aux employés qui le souhaitaient et à des associations grâce à Fourmize Réunion.

 

On a d’ailleurs démarré un partenariat avec Fourmize, pour justement mieux organiser la collecte de nos déchets au sein des établissements. 

 

Et, on réitère prochainement cette opération, à une échelle très importante puisque l’on refait deux étages au Mercure Créolia de Saint-Denis. On va de la même manière travailler à l’évacuation de tout le mobilier des chambres puisqu’il va être changé. 

 

Donc ça, c’est aussi une petite fierté, ça nous permet d’être utile, plutôt que de jeter.

 

Merci Cécile de nous avoir accordé de votre précieux temps et pour ce bel échange enrichissant.