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VATOI, LA FIBRE DU TRESSAGE

Vatoi, la fibre du tressage 974
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17 juillet 2019

Implantée au Port depuis bientôt un an, l’association Vatoi (Vannerie artisanale et touristique de l’océan Indien) mise sur ses créations et sur ses formations pour mettre « en lèr » un savoir-faire ancestral : le tressage des fibres naturelles péi.

 

« Vacoa, vetiver, coco, bananier… Nous utilisons toutes les fibres naturelles que nous offre l’île de La Réunion », explique Mikaël Siala-Chamba, le président de Vannerie artisanale et touristique de l’océan Indien, l’association qu’il préside depuis sa création, en août 2018. Ces fibres, Mikaël et la dizaine d’adhérents de Vatoi, tous bénévoles, les ramassent dans la nature, avant de les stocker dans la case qui leur sert d’atelier, en plein centre-ville du Port. Mais on est alors encore loin des produits finis proposés à la vente, entre 15 et 55 € selon la taille et le niveau de finition, sur des salons ou par simple bouche à oreille : sacs, nattes, paniers, réveils, porte-monnaie…
 

« Après le ramassage commence le travail préparatoire de la fibre : retirer les épines, trancher les fibres, les faire sécher au minimum trois semaines, puis les frotter et les réhumidifier avant tressage », détaille le trentenaire. Une fois le tressage commencé, il faut à cet ancien rempailleur de chaises entre une demi-journée et trois jours pour terminer un fond de panier. « Plus la fibre et le tressage sont fins, plus c’est long ! Et il reste à réaliser les finitions, avec des anses ou du tissu par exemple. » Pour Nadine, tresseuse rencontrée dans une association saint-pauloise aujourd’hui disparue, ce sera (beaucoup) moins long. A 58 ans, cet énergique petit bout de femme maîtrise à la perfection un savoir-faire qu’elle tient de sa grand-mère et qu’elle transmet chaque jour aux adhérents de Vatoi.
 

Aux adhérents mais pas seulement. En effet, l’association organise des journées de formation qui rassemblent particuliers, animateurs associatifs, scolaires, personnes en situation de handicap, etc. « Pour 2020, nous avons plusieurs projets, annonce Mikaël Siala-Chamba. Nous allons continuer de développer le volet formation, dont le planning est d’ailleurs déjà bien chargé. Mais nous sommes également à la recherche d’un local-boutique, pour accueillir la clientèle, touristique notamment, et valoriser des créations de plus en plus haut de gamme. »
 

Au-delà de sa mission historique et sociale – l’association accueille de jeunes Portois en difficulté, à la recherche d’une éventuelle porte de sortie professionnelle –, Vatoi revêt enfin un caractère écologique qui colle bien à l’air du temps. Au point d’avoir permis à l’association d’être retenue par la Région parmi les partenaires d’un beau défi : remplacer à terme tous les sacs plastique de la grande distribution par des sacs en fibres naturelles. Un projet ambitieux, et encore officieux, qui devrait recevoir un feu vert institutionnel d’ici peu. Allez, un, dos, tresse, c’est parti !

 

Texte et photos : Zed Edition - Arnaud

Vannerie artisanale et touristique de l’océan Indien (Vatoi)

43, rue Jules-Ferry au Port

Tél. : 0692 33 24 84 (président)

 

Infos et réservations pour les formations par la page Facebook de Vatoi

https://www.facebook.com/vatoi974/