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Le père Sayssac

04 mars 2020

Aujourd’hui je vais vous parler d’une histoire de circonstance, non pas pour accroître cette peur collective actuelle mais au contraire afin de nous donner un message d’espoir. Bien sûr, j’essaierai d’aborder cette histoire d’un point de vue historique de manière objective mais difficile d’évincer le côté croyance populaire, En tant que Saint-Leusien j’ai « baigné » dans cette histoire depuis petit.

 

Je vais vous parler de l’histoire d’un destin singulier : celui du père Louis Saissac curé de Saint-Leu de 1853 à 1887. C’est un des aspects historiques que nous les éclaireurs de l’Ouest abordons  dans notre balade culturelle de Saint-Leu les vendredis après-midi.

 

1859, L'ARRIVÉE DU CHOLÉRA

 

L’île de la Réunion, en particulier la commune de Saint-Leu est le premier cas de recensement de la dévotion de la Vierge de La Salette hors de la France hexagonale.

En 1859, 13 ans après l’apparition de La Salette en Dauphiné, muté à La Réunion à Saint-Leu, le père Louis Saissac place sa paroisse menacée par une épidémie de choléra sous la protection de La Vierge de La Salette. Ce choix a une explication simple : il avait été ordonné le 19 septembre1846, jour de l’apparition de La Vierge.

 

 

Dans le contexte, en 1859, une grande épidémie de peste et de choléra se répandit dans l'île, elle fait 2 700 morts. Au mois de mars 1859, un navire, les Mascareignes parti d'Afrique débarquait des travailleurs à La Réunion. Malheureusement, ces infortunés ouvriers apportaient avec eux un terrible fléau. À peine étaient-ils à terre que le choléra éclatait à Saint-Denis.

Le père Saissac promet publiquement, le dimanche 10 avril 1859, si sa paroisse est préservée du choléra de bâtir, sur le versant de la montagne qui entoure Saint-Leu, une chapelle en l'honneur de Notre-Dame de La Salette.

Son vœu est exaucé, même si certains font remarquer que le fléau a en réalité causé sur le territoire de la paroisse la mort de travailleurs africains et malgaches ( à l’époque nous sommes en pleine période de l’Engagisme avant l’année 1860 où massivement arriveront les indiens) originaires d’autres communes. Pour la population de Saint-Leu et son pasteur, la protection miraculeuse ne fait pas de doute et mérite qu’on élève au dessus de l’église paroissiale ( l’église du centre-ville étant dédiée à Sainte Ruffine) une chapelle, bénite dès le 19 septembre 1859.

 

C’est ainsi que naît, sur Saint-Leu, un pélérinage appelé très vite à un formidable succès populaire. Au-delà des clivages religieux, La Salette s’est naturalisée, son succès dans la durée est dû à son adoption par une population élargie et pas seulement de confession catholique. L’histoire du père Saissac est intimement liée à celle de La Salette et s’enracine dans l’histoire populaire.

 

Texte - Clovis Etchiandas, Eclaireur de l'Ouest