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LE CRÉOLE, LA LANGUE MATERNELLE DE LA RÉUNION

LANGUE CRÉOLE REUNION 974
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21 février 2022

C'est la langue de Maman, celle qu'elle nous transmet dès notre plus jeune âge, nout lang kozé, à La Réunion, le plus souvent bien sur, le créole.

Sa lente construction a débuté dès l'arrivée des premiers habitants volontaires sur Bourbon en 1663.

 

On considère que la période dite de « société d'habitation » qui suit cette arrivée, a donné naissance à la langue créole. À cette époque, les Français installés majoritairement sur les berges au nord de l’Étang Saint-Paul et sur l'actuel Tour des Roches, sont pour la plupart mariés à des femmes Malgaches. Par cette alliance, ces dernières bénéficient du statut de colon, contrairement aux autres Malgaches qualifiés, à cet époque où le Royaume de France interdit l'esclavage, de serviteurs.

 

Cette première population sera vite rejointe par de nouveaux arrivants venus de l'Ouest de la France, où l'on parle l'ancien français. Socle de la future langue créole, la langue d’Oïl ou langue du oui, devient alors la langue cible, celle que les serviteurs Malgaches devenus rapidement esclaves de première génération, intègrent dans leur quotidien au service des Français.

 

Jusqu'au début du 18ème siècle les esclaves sont encore peu nombreux dans cette société d'habitation qui jette les bases de la société coloniale à venir. Car bientôt vient le temps de rendre cette colonie rentable et la culture du café Moka fait entrer Bourbon dans la « société de plantation ».

 

Pendant cette période qui va durer jusqu'à l'abolition voire au delà, les esclaves et plus tard les engagés nouveaux venus dans l'île, prennent pour langue cible cette fois non plus le français , mais le créole pratiqué par les esclaves natifs de Bourbon, qui tiennent souvent le rôle d'intermédiaires avec les maîtres.

 

 

Ainsi le créole continue de s'enrichir de mots et d'expressions pendant cette période, jusqu'à se stabiliser au début du 20ème siècle. La langue française et le créole cohabitent alors dans l'île de façon plutôt hermétique.

 

Le français pratiqué par l'élite des hautes sphères de la société Réunionnaise est donc une langue de prestige, alors que le créole qui au fil du temps s'est éloigné de sa base linguistique, n'est parlé que dans les milieux populaires.

 

Petit à petit cette situation de friction entre les deux langues, qualifiée par les linguistes de diglossie, engendre l'apparition d'une certaine porosité, un continuum où chaque langue est en quelque sorte attirée par l'autre.

 

L'accession de La Réunion au statut de département en 1946 va accélérer ce phénomène.

 

 

En effet dans un désir de devenir de vrais Français, les Réunionnais entre dans un processus d'assimilation. Et plus ils demandent des gages de leur citoyenneté française, plus ils mesurent leurs différences vis à vis du standard national. L'augmentation des échanges et la réduction des distances par les voyages en avion favorisent parallèlement une certaine dé-créolisation du langage.

 

Ainsi le français incarne le prestige contrairement au créole qui devient un frein à la réussite.

 

Nombreuses sont alors les mères de famille qui font de leur foyer un espace d'expression exclusivement française, dans l'espoir que leurs enfants réussissent mieux qu'elles.

 

Peu à peu le créole s'érode et perd sa construction syntaxique imagée et poétique qui se francise inexorablement.

La crise identitaire pointe alors son nez avec en toile de fond la hantise de perdre le créole.

 

Les deux langues sont alors de plus en plus poreuses et l'émergence d'un interlecte, où le créole se retrouve dans la presse écrite et audio-visuelle, là où le français régnait autrefois sans partage, dicte progressivement l'évolution du langage des Réunionnais. Le français se teinte d'expressions créoles, alors que le créole continue de s'enrichir des apports extérieurs, tout en puisant, nostalgique, dans l'héritage fragile des expressions du passé. Alors n'est il pas vain d'opposer français et créole dans La Réunion d'aujourd'hui, qui à l'image de son peuple, ne fait que se métisser ?

  • Maman me parle malgache, mais le français est ma survie.
  • Maman me parle hindi, mais le créole est mon sursis.
  • Maman me parle créole, mais le français est mon avenir.
  • Maman me parle français, mais le créole c'est toute ma vie.