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MOSQUÉE DE SAINT-PAUL : UN SIÈCLE D'HISTOIRE

Le 11/07/2019 | Portrait

En 2019, la Mosquée de Saint-Paul a célébré son centenaire en grande pompe. Focus sur cet édifice religieux saint-paulois, symbole, parmi d’autres, de la diversité culturelle à La Réunion.
 

En plein centre-ville de Saint-Paul, rue de Suffren, il est une jolie et lourde porte en fer forgé, surmontée des symboles de l’islam, qui ouvre sur la Mosquée Anwaroul-Massadjid, nommée ainsi depuis 1982. L’absence de minaret apporte une discrétion inversement proportionnelle à l’importance que revêt ce lieu de culte dans la vie religieuse saint-pauloise. « Si la présence musulmane à La Réunion, et à Saint-Paul notamment, remontait à la période de l’esclavage, c’est avec le mouvement de l’engagisme que l’islam s’y est vraiment développé, à partir de 1880. A cette date se sont installés les deux premiers commerçants musulmans venus d’Inde », raconte Idriss Issop Banian, mémoire vivante des musulmans de La Réunion et président du groupe de dialogue inter-religieux. 


Au fur et à mesure que la communauté indo-musulmane – les Gujarati – grossit, le besoin d’un lieu de rassemblement et de culte se fait ressentir.
En 1918, plusieurs familles (Omarjee, Bangui, Daoudgee, Dessaye) s’associent pour acquérir le château Germain, une belle et vaste demeure créole, idéalement située. « Une maison à étage construite partie en pierre et partie en bois, couverte en bardeaux et un bâtiment à usage de cuisine en pierre recouverte en tuiles, sur un emplacement clos de murs en maçonnerie (…) », selon l’acte de vente.
En façade, une varangue carrelée était agrémentée de colonnades. Toujours présent et « actif » de nos jours, un puits imposant trônait dans le jardin.
Après Saint-Denis en 1905 et Saint-Pierre en 1913, la troisième mosquée de l’île était née. 

 

 

Une architecture plurielle

 

Au fil des décennies, le bâtiment a connu de multiples transformations et agrandissements.
Des travaux de restauration et d’aménagement, dont les derniers datent de ce début de siècle, lui ont donné son cachet actuel. La première en 1922, suite à un incendie qui détruisit l’étage en bois et la toiture en bardeaux. En 1976, la salle de prière est agrandie côté nord et la toiture en tôle, remplacée par une dalle. En 2001, de grands travaux furent entrepris pour prolonger l’arrière de la mosquée, par adjonction de galeries, d’un patio et d’un espace ablutions. En 2007, des artisans sont aussi venus spécialement du Maroc pour apporter leur savoir-faire décoratif en céramique (zelliges). 


Indien, arabe, créole… Aujourd’hui, l’ensemble architectural de 2 700 m², sans compter le terrain attenant de la madrassah (école coranique) acquis en 1940, est le résultat d’un mélange réussi de styles divers. Eclairée par de nombreuses ouvertures, la salle de prière (djamaat-khana) est ornée de tapis, boiseries sculptées et calligraphies coraniques. Elle est prolongée par un patio avec fontaine en étoile de style fassi, par une varangue et des galeries avec arcades et colonnades de style indien, des mosaïques arabes de Fez, une boiserie sculptée de motifs d’art islamique et des allées pavées de basalte. Les jardins en façade et à l’arrière 
offrent des essences variées de la flore créole et d’ailleurs. Enfin, les fontaines d'ablutions sont habillées de bois sculptés, ce qui constitue une réelle originalité.

Chaque vendredi, la Mosquée Anwaroul-Massadjid accueille environ 250 fidèles pour la grande prière, et la madrassah reçoit près de 300 élèves quotidiennement. De quoi encourager la communauté musulmane de Saint-Paul à chercher « un terrain dans les hauts » pour y ériger une mosquée supplémentaire. 
 

 

La Mosquée de Saint-Paul est voisine de l'église catholique et du temple tamoul : une mixité de religions, de coutumes, qui est courant à La Réunion et qui est preuve d'un vivre-ensemble assez unique en France.
 

 

Texte et photos : Zed Edition