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LE MALOYA DE LA RÉUNION

LE MALOYA REUNION 974
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LE MALOYA REUNION 974
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21 juin 2022

 

 

 

Le maloya désigne une musique, un chant, une danse propres à La Réunion. Apporté par les esclaves venus d’Afrique de l’Est ou de Madagascar, il s’est créolisé sur les plantations sucrières pendant la période de l’engagisme.

 

Il était appelé vers 1750, « Tchéga », « Tsiega » puis « Séga », mot portugais d'origine swahili désignant l'action de remonter ses habits, caractéristiques des danses bantoues.

 

Cette forme d'expression à la fois instrumentale, vocale et dansée est un produit pluriculturel. La genèse de ce style s'est opérée dans les camps d'esclaves, par un mélange entre les populations malgaches et mozambicaines, nouvellement débarquées.

 

Voici le témoignage d'un lazariste, écrivant en 1740 : « La paroisse de Saint-Louis est peu habitée faute d'eau. Les maîtres des terres demeurent à Saint-Paul. Ils vont de temps en temps à leur habitation pour faire planter. Le reste du temps ils n'y laissent que quelques noirs ».

Cet espace de liberté va permettre divers échanges entre mozambicains et malgaches en particulier au niveau musical, mieux tolérés par les « maîtres ». La relative courtoisie entre les tous premiers colons de Bourbon et leurs « compagnons » de couleur (allant jusqu'à des mariages inter-raciaux) commence à changer vers le milieu du 18ème siècle.

 

Le Code Noir apparaît aux Mascareignes en 1723 et le noir qui était serviteur devient esclave. Aussi, le Maloya se teinte-t-il d'une nouvelle expression; à l'image du « blues » aux États-Unis il devient une complainte : il est ainsi possible que maloya veuille dire en dialecte malgache « j'en ai marre ».

 

 

Une facette importante du maloya est l'hommage rituel aux ancêtres : le kabaré ou kabar (qui veut dire « assemblée » en malgache). Il s'agit d'une forme de maloya, jouée plus lentement, dont le champ monotone, sorte de litanie, est interprété dans le cadre de funéraille. La musique sert ainsi de support de communication avec les morts. Ce rituel se nomme « servis malgas » pour les malgaches ou « servis caf » pour les africains.

 

Vecteur de revendications politiques pendant les années 60-80, il est devenu aujourd’hui l’expression majeure, sur le plan culturel et musical, de l’identité réunionnaise.

 

Plus de 300 groupes musicaux le pratiquent.

 

Le maloya a longtemps été performé par des groupes familiaux qui se le transmettaient (grandes familles du maloya, Rwa Kaf, Firmin Viry, Gramoun Baba, Gramoun Bébé, Granmoun Lélé).

 

Les instruments traditionnels du Maloya sont :

  • Le Roulèr, à l'origine fabriqué avec un tronc d'arbre creusé, puis remplacé par un gros tonneau à vin, est la percussion de base, sur lequel le joueur frappe un rythme ternaire.
     
  • Le Kayamb, qui est un hochet en radeau confectionné sur un cadre rectangulaire en bois que l'on recouvre de tiges de fleur de canne à sucre. Des graines sèches (job, kaskavel,...) y sont ensuite introduites jusqu'à remplir la moitié du corps de l'instrument.
     
  • Le Bobre, est un arc à calebasse. Le musicien tient, d'une main, le bâton. Une sorte de bague (en acier ou en pierre) attachée au niveau de l'index, presse, par intermittence, la corde pour modifier les harmoniques. Avec l'autre main, le musicien serre entre son annulaire et son auriculaire le manche du hochet végétal, appelé Kavia. Avec son index, son majeur et son pouce, il tient une baguette flexible utilisée pour frapper la corde.
     
  • Le Pikèr, est une poutrelle frappée, confectionnée avec un tronçon de bambou fixé sur un pied.
     
  • Le Sati est une pièce de métal rectangulaire sur pied, joué de la même manière que le Pikèr.

 

 

De nombreuses formes métissées existent désormais : maloya-rock, maloya-reggae (malogué), maloya-fusion, maloya-jazz.

Depuis 2009 le Maloya est inscrit à l'Unesco au Patrimoine immatériel de l'humanité.