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DU SEL AU SUCRE L'HISTOIRE DE SAINT LEU DE LA RÉUNION

LA POINTE AU SEL MUSEE STELLA MATUTINA SAINT LEU REUNION 974
DU SEL AU SUCRE DE SAINT LEU DE LA RÉUNION 974
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LA POINTE AU SEL MUSEE STELLA MATUTINA SAINT LEU REUNION 974
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08 septembre 2021

Saint-Leu regroupe deux éléments qui ont marqués l'histoire réunionnaise : le Sel et le Sucre. De la pointe au sel à l'usine sucrière de Stella Matutina.

 

DU SEL...

À l'arrivée des premiers habitants, durant la seconde moitié du 17ème siècle, le sel a tout de suite été au centre des priorités.

Le Sieur Feuilley en fût très tôt le témoin, lorsqu'il entreprit, en 1704, sur ordre du gouverneur, de parcourir le littoral de l'île en quête d'une enclave naturelle qui faciliterait l'implantation d'un port.

 

Ainsi il put observer les premiers habitants de Saint-Leu récolter les précieux cristaux de sel dans les grandes feuilles de lataniers, après y avoir laisser l'eau de mer s'évaporer.

 

 

Bien plus important que le sucre, le sel permettait en effet de garantir la conservation des viandes et autres aliments périssables. La Pointe de Bretagne, aujourd'hui appelée Pointe au Sel a donc vu naître les premières salines.

 

AU SUCRE...

Si le sel participa grandement à la subsistance des premiers Bourbonnais, le sucre contenu dans les cannes, avaient quand à lui une utilité plutôt récréative.

Car, bien que la culture à grande échelle de la canne et l'industrie sucrière ne firent leur apparition qu'au 19ème siècle, les premiers habitants en cultivèrent dès leur arrivée.

 

L'objectif n'était pas d'en extraire le sucre, mais de profiter de sa transformation, après fermentation du jus extrait. Le breuvage ainsi obtenu et appelé « fangourin », apportait l'ivresse de quelques degrés d'alcool, insuffisante pour les plus passionnés qui le distillaient par la suite afin d'obtenir de l'Arrak.

 

Ce terme emprunté du Moyen Orient et qui désigne une eau de vie anisée (Arak), traditionnellement consommée et produite dans les pays du Croissant fertile, à partir de moût de raisin et de graines d'anis, qualifie dans les îles Mascareignes un alcool fort obtenu par distillation de boissons fermentées issues de tout type de source (fruits, canne à sucre, riz...).

 

 

Alors que la production de sucre et de rhum explose à partir du 19ème siècle, celle du sel n'a eu de cesse de diminuer, bien qu'elle connut un certain regain, à la Pointe au sel, pendant la seconde guerre mondiale.

 

La production locale s'arrêta avec la reprise des importations en provenance de Madagascar, dès la fin de la guerre, mais l'exceptionnelle richesse en sel de l'eau de mer « péi »(42gr de sel par kg contre 37 gr par kg en zone tempérée) permit aux précieux cristaux de Saint-Leu de ne pas tomber dans l'oubli.

 

De nos jours, la Pointe au sel, son petit écomusée et ses salines toujours salées, font un clin d’œil, comme une revanche sur le passé, à l'ancienne usine sucrière Stella Matutina, aujourd’hui transformée en un immense musée.