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VOIR LE BOUT DU TUNNEL AVEC RICARIC

Le 04/07/2018 | Loisirs

L’exploration des tunnels de lave à La Réunion est une activité en plein essor. Pour la pratiquer, on pense naturellement à se diriger vers les coulées de la Fournaise. Pourtant, l’expérience est aussi accessible dans l’Ouest, et notamment aux abords du Bassin Bleu dans la ravine St-Gilles. Ricaric vous propose l’exploration d’un tunnel de lave suspendu. Au programme : un brin d’escalade, une initiation à la spéléologie, de la stalactite à gogo et une petite tyrolienne pour le fun. Ludique, instructive, atypique… une sortie bien sympathique.

 

Pour découvrir l’entrée du tunnel, il suffit de se rendre au village artisanal de l'Eperon puis d’emprunter un escalier amenant aux  berges du Bassin Bleu, site relativement méconnu de la ravine St-Gilles. En face de nous, à environ 6m de haut, l’entrée d’une grotte. C’est ici que ça commence… ou peut-être pas. À bien y réfléchir, l’expérience a déjà démarré avant, lorsque nous avons fait la connaissance d'Emeric, notre guide, spécialisé en spéléologie, qui nous avait donné rdv au parking ce matin. 

 

Tout en nous équipant (casques, genouillères, gants, harnais, etc..), il nous a parle de lui et son métier. Et derrière un côté un peu bourru au premier abord, nous avons découvert un gars aussi rock’n’roll que pro.
Pensez donc ! « J’ai commencé à 10 ans avec mon père. Puis j’en ai fait mon métier. J’ai participé à l’ouverture de voies extrêmes à Padirac (dans le Lot, l’Everest de la spéléo), découvert des sites archéologiques, développé des techniques qui servent maintenant aussi au canyoning, aux plongées souterraines. Quand je voyage dans le monde, c’est pour aller sous terre. Et en arrivant à La Réunion il y a 20 ans, avec un associé, nous avons monté Ricaric et avons équipé une multitudes de canyons qui font aujourd’hui la renommée de l’île. Mais moi, ce que je kiffe le plus, c’est partager ma passion avec les gens - je ne dis pas clients ! -, leur faire vivre une expérience, les descendre dans des trous (sic) ! ». 

 

Bref, aussi captivant que passionnant, Emeric est une légende. Et avec son air du mec sorti des cavernes, l’un des attraits de cette sortie. A ce qu’il paraît, ses acolytes Sebastien et Romain valent aussi le détour. On ne saurait donc trop vous conseiller de faire appel à Ricaric. 

 

 

ON A TESTÉ

 

Mais revenons à notre tunnel. Il faut faire un peu d’escalade pour y entrer. Voilà qui n’est pas commun. La petite grimpette est cependant facilitée par une petite échelle, quelques barreaux fixés à même la roche et l’assurage qui pourra servir aussi, si nécessaire, à hisser les plus petits (dès 8 ans).

 

La longueur de la grotte (« développement du tube » comme on dit dans le milieu) est de 550m. En fonction du terrain ; parfois descendant, parfois se redressant franchement ; dans une alternance de tunnels et salles aux formes spectaculaires ; la progression se fait debout (la plus part du temps), simplement penchée, à quatre pattes ou bien vraiment à plat ventre.

 

Casques vissés sur la tête avec comme seule source de lumière nos lampes à LED et la fameuse lampe à carbure d'Emeric (on lui laisse le plaisir de vous en expliquer le fonctionnement et l’utilité), nous déambulons dans le parcours qu'une lave en fusion a tracé il y a des millions d'années. Au fur et à mesure, notre guide nous renseigne sur la formation des concrétions de magnésite, les stalactites de calcite, la différence entre cristallisation et refonte, l’origine des différents niveaux marqués aux murs, etc..

 

Aux instants d’instruction et de contemplation s’ajoute la sensation de faire de la « vraie spéléo ». Certes il n’y aura pas ici de découverte de gravures du paléolithique (il y a tout de même des inscriptions à la chaux datant de 1494) mais les changement de déclinaisons, salles d’effondrements et passages plus ou moins étroits (de 80cm à 15m de hauteur) donnent un petit aperçu de ce que peuvent vivre ces explorateurs des entrailles de la terre. Notamment lorsqu’il faut s'engager par un soupirail situé au niveau du sol. Sur une trentaine de mètres, nous devons faire du « ramping » dans un boyau. Ce passage en réduit, même s’il ne présente pas de grande difficulté, nous confirme qu’il faut mieux ne pas être claustrophobe. 

 

On arrive au bout du tube en un peu plus d’une heure. Là, sur le siphon de lave qui a donné naissance au tunnel, Emeric nous propose une petite pause café (accompagnée pour ceux qui veulent d’un petit « pousse-café » de son crû) avant de faire demi-tour. L’instant est assez unique. D’autant qu’entre deux anecdotes rigolotes, il nous invite à éteindre toutes nos lampes et nous nous retrouvons dans une obscurité complète. 

 

Etonnement, le retour est tout aussi sympa à faire que l’aller. On découvre de nouvelles formes dans la roche et des tunnels qui se recoupent. Jusqu’à retrouver la lumière naturelle lorsque nous arrivons à notre point de départ. Mais tout n’est pas encore fini. Au lieu de descendre en rappel de la grotte, Emeric nous installe - en chantonnant - une petite tyrolienne d’une trentaine de mètres. Sans être spectaculaire, cette arrivée sur l’autre côté du Bassin Bleu conclut l’activité sur une touche fun. De quoi, aussi, prendre des poses grotesques devant la grotte pour les photos souvenirs.


L’exploration de ce tunnel formé par une ancienne coulée du Piton des Neiges a quelque chose de fascinant. Une expérience d’autant plus insolite que contrairement aux coulées de 2004 vers Ste-Rose (6km de galeries magnifiques tout de même), l’endroit est beaucoup moins fréquenté, l’accès un peu plus sport… et le tout juste à côté de chez vous dans l’Ouest. En mixant découverte des entrailles de notre île et moments sportivo-ludiques, Ricaric nous donne un bel aperçu de ce qu’est la spéléo. Et quand vous avez en plus un guide comme Emeric, ça en devient aussi épique qu’instructif.

 

Texte : Bé & Sand. Photos : DR. Agence Zed